SILENCE....ON REFLECHIT

16 avril 2014

BISOITE, BISOISME OU BISOCRATIE. PROLEGOMENES POUR UNE SOCIETE OUVERTE

Bisoïté, Bisoïsme ou Bisacratie. Prolégomènes pour une société ouverte.

La théorie de la BISOITE, je la dois à Thsiamalenga Ntumba, un de mes maîtres qui m' ont initié à âimer l'exercice noétique, à travers la philosophie du langage. Du lingala BISO, qui signifie NOUS (pronom personnel), la BISOITE signifie cette attitude qui consiste à préconiser, dans tout procès argumentatif ou social, le primat du NOUS au-delà du NGAI (je) solipsiste.
Le BISOISME devient donc cet élan philosophique qui consiste à se poser non pas en terme de "je" cartésien, mais en terme de "nous": "nous pensons que, nous pouvons... nous préconisons que..." Il ne s'agit pas de la disparition du "je", noyé dans le "nous", il s'agit plutôt d'une force à laquelle le « je »,  déjà une force, participe aux côtés d'autres "je". La bisoïté n'est possible que comme union de différents "je" susceptibles d'assumer la conjugaison de multiples efforts dans un processus communicationnel, où la justesse de mots et attitudes favorise un consensus vrai. Ce consensus est dit vrai lorsqu'il peut promouvoir l'épanouissement de chaque "je", évoluant comme un maillon d'une longue chaine (l’humanité, groupe d'hommes, fraternité, familles, ou toute autre institution humaine.
Cette manière de penser va avoir plusieurs implications.
Conséquence immédiate, remise en cause de la théorie d'un langage privé. Peut-on concevoir une langue ne devant être parlée que par soi-même? (un monologue est toujours suspect !); remise en cause également de la théorie de la vie privée. Il y a-t-il réellement une vie privée? Peut-on vivre seul? (cette implication peut s'élargir sur le plan de la gestion politico-administrative des hommes), etc.
Cela devient la BISOCRATIE, entendez par là le pouvoir du nous. Dans un article que j'ai écrit (à paraître dans la revue philosophique de Kinshasa) sur "palabre africaine et espace ionien: deux école d'apprentissage de l'argumentation critique, j'évoque la nécessité, pour une société ouverte de la perpétuation (pour des sociétés en marche), sinon de l'instauration (pour des sociétés closes), d'une tradition: celle de l'argumentation critique. Une tradition que l'on retrouve facilement dans la palabre africaine (débat publique) ou dans l'espace de l'Ionie (Grèce antique) avec mon ami Thales de Millet. Elle consiste à ce que, lorsqu'un locuteur (fut-il représentant du groupe ou n'importe quel partenaire dialogual) prend la parole, il termine son mot par : "voilà ce que je pense, mais il se pourrait que VOUS voyez autrement les choses". C'est cela a tradition BISACRATIQUE. Elle est promotrice du progrès, dans la mesure où elle privilégie le meilleur argument (pas nécessairement celui de la majorité chère à la démocratie ou pouvoir du peuple). Ici, le peuple représentant une entité floue et obscure dont n'importe que aventurier politique (du despote à l'amateuriste) est capable de se réclamer, au profit de n'importe que option ou action politique. La tradition bisocratique préconise, comme le décrit si bien un autre Maître à moi, Karl Raymund Popper, que lorsqu'on propose une solution à un problème relatif à la gestion de la cité, l'on mette cette solution sous une forme suffisamment claire, critique et discutable pour permettre d'en déceler les erreurs. C'est dire que les solutions aux problèmes de la cité devraient relever d'une prise en charge du nous et non pas d'un "je" solipsiste. Autrement dit, en cette matière de la gestion de la chose publique, lorsque la tendance du "je" prime sur le "nous" (BISO), le glissement vers le despotisme, la dictature et la censure devient chose facile.
La BISOCRATIE est promotrice d'une "société ouverte", et anéantit les velléités du maintien ou d'avènement d'une "société close" ( Les termes sont de Karl R. Popper"). L'instauration de la BISOCRATIE devient une urgence vis-à-vis des situations dramatiques que vivent de nombreuses populations dans lesquelles se recrutent ces millions de personnes qui vivent sans ressources nécessaires à une vie digne, alors qu'ils habitent parfois des régions qui regorgent des ressources naturelles qui créent scandales ( le cas des pays d'Afrique sub-saharienne) ou d'autres régions du monde ( en Amérique latine, en Asie, en Europe de l'Est) où la gestion de la chose publique est en souffrance par la décision d'UN système, d'UNE oligarchie, d'UNE dictature, et que sais-je encore...
Dans, Rationalité et conflictualité (voir mes publications dans ce blog), j'utilise des termes comme "Afrique utile" en opposition à l' "Afrique inutile", termes que j'emprunte d'une littérature abondante (ibidem). Il s'agit de montrer que de nombreux pays africains ayant évolué complètement de la tradition bisocratique constituent en eux-mêmes l' "Afrique inutile". Dans laquelle, des milliards de dollars ont été versés, des tonnes et des tonnes des minerais ont été bradés et frauduleusement trafiqués, pour qu'aujourd'hui, non seulement des populations entières meurent chaque jour de faim et de pandémies. C'est cette Afrique où, si l'on ose faire un calcul qui remonte aux cinq dernières décennies, des milliards à compter jusqu'aujourd'hui se sont volatilisés, enfouis dans des banques occidentales,investis dans des domaines et chateaux dans des villes huppées du monde...bref, des milliards qui ont enrichis éperdument des riches et des puissants autour ou à la tête de nos pays, devenus eux aussi inutiles...à construire.
C'est cette Afrique où, faute de BISOCRATIE, des pays entiers, faut-il le repéter, ayant des fabuleuses ressources minières ou pétrolières, affichent aujourd'hui un IDH inférieur à celui de 1990. L'IDH de trois pays: la RDC, la Zambie et le Zimbabwe est aujourd'hui inférieur à ce qu'il était en 1975...
Victime des macabres accords politiques, économiques et financiers signés aux lendemains des indépendances entre ces pays et leurs métropoles. Cette "Afrique inutile" est, horizontalement et obliquement, l'œuvre des dictateurs et assassins fabriqués par des TIERS et des SYSTEMES. Regardons ce qui se passe du Darfour au Zimbabwe, de la Sierra Leone au Rwanda, de l'Angola au Nigeria, en passant par le Kenya; du Burundi à la Côte d' Ivoire, en traversant ce qui fut appelé hier le géant Zaïre, etc.
Puisque nous parlons des TIERS et des SYSTEMES, la BISOCRATIE ne sera possible qu'en posant les conditions de possibilité d’UN NOUVEAU TYPE DE PARTENARIAT (8è objectif du Millénaire).
En dehors de cela, RIEN ne changera. Les riches devenant toujours riches (le pourcentage des millionnaires vient d'augmenter dans le monde), et les pauvres s'engouffrant davantage dans la pauvreté.

Voilà ce que je pense, si cela peut être discutable, c’est déjà un pas vers la solution au problème posé..

Jules NGUBU

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15 avril 2014

CAFE PHILOSOPHIQUE DE FORGES LUNDI 07 AVRIL 2014

 

 

PHILOSOPHIE ET ART : POETE-CHANSONNNEUR CREATEUR D'ILLUSION OU REVELATEUR DE LA REALITE EXISTENTIELLE ?

PROPOS ET CONTRE-PROPOS FACE A PLATON .
DEBAT ANALYTIQUE   AUTOUR DE LA CHANSON "CIGARETTE" DE KING KESTER EMENEYA

AVEC LES JEUNES DE TERMINALES S ET SC A ASSOMPTION-FORGES

 

 

 

 

PROBLEMATIQUE.
On dit que la musique adoucit les mœurs. Or, dans la République, Livre X, notre Ancêtre Platon bannit la Poésie de la cité idéale. Sur quoi est fondée cette exclusion ? Sur l’idée que "la poésie est génératrice d’illusion, tout comme la peinture, et nous ajoutons, la chanson.  Il estime donc que copie de copie, l’art est un mensonge et une illusion... Collé à l'apparence, l'art d'imiter est donc éloigné du vrai, et, s'il peut tout exécuter, c'est semble-t-il, qu'il ne touche qu'à une petite partie de cette chose, et cette partie n'est qu'un fantôme".Cela est-il acceptable ? L’œuvre d’art ne nous apprend-elle rien de la réalité ? Le poète ou le chansonneur sont-ils éloignés de cette réalité ? Ne sont-ils pas proches de la réalité existentielle, de la vie des gens dans ses aspects empiriques du quotidien ? Y a-t-il un contenu existentiel à relever dans « la Rue » ou « Cigarette » de King Kester Emeneya ?

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